

Population
Depuis 17891, la population des communautés rurales du territoire connait une évolution heurtée avec de nombreuses pertes pendant la période révolutionnaire, puis une croissance rapide sous l’Empire. La densité de population est estimée à 18,5 hab. /km² au XVIIIe siècle et atteint son maximun au milieu du XIXe siècle (35,8 hab. /km²).
Au recensement de la population de 1999, le Pays du Grand Briançonnais compte 32 124 habitants soit une densité de 14,9 hab. /km², équivalente à celle du département de la Lozère, le moins peuplé de France - soit 10 fois moins que la moyenne régionale2. Briançon, qui est la ville principale de l'arrondissement, compte 10 737 habitants. Les autres chefs lieux sont l’Argentière la Bessée avec 2 289 habitants, Guillestre avec 2 211 habitants et Aiguilles avec 441 habitants.
La forte croissance démographique qui caractérisait le territoire entre 1975 et 1990 a diminué pour la période 1990 -1999 (taux de variation global sur la période 1982-1990 de 1,1 % contre 0,38 % entre 1990-1999). L'augmentation de la population (+1 082 entre 1990 et 1999) est principalement due au solde naturel positif (+1 412). L'apport migratoire, important dans la période 1982 - 1990 (+1 100), a connu depuis un fort fléchissement (-330). Une part importante des habitants actuels du Pays est venue pour des raisons de santé (asthmatique) ou par goût du cadre de vie montagnard.
La population du Pays du Grand Briançonnais est en moyenne plus jeune que celle de l'ensemble du département des Hautes-Alpes et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avec une plus forte proportion des moins de 50 ans (70 % contre 66 % pour les Hautes-Alpes et 65 % en région). L'âge moyen de la population pourrait être encore plus bas sans une forte proportion des 15-25 ans qui partent dans les villes d’importance pour y suivre leurs études, le nombre de formations disponibles sur place étant réduit même si les formations aux métiers de la montagne sont assez bien assurées au niveau local (CRET, Auberge de jeunesse, CRFCK, …) ou départemental (Institut Universitaire Professionnel Métier de la montagne à Gap). Cependant, les prévisions démographiques de l’INSEE classent le département des Hautes-Alpes en deuxième position au niveau régional dans la progression du nombre des personnes âgées dépendantes d’ici 2015. (INSEE, Enquête HID 98-99, Omphale, RP 1999), ce qui pourrait venir changer cette donnée.
Emploi
En 1999, sur 15 511 actifs, soit 48 % de la population, 11 328 ont un emploi salarié (INSEE 1999). Le taux d’activité des 20-59 ans sur le territoire est l’un des plus fort de la région (85 % contre 78 % en moyenne). De plus, leur niveau de formation, déjà plus élevé en moyenne que dans le département et la région, est en hausse. Cependant, les actifs vieillissent puisque ceux de moins de 25 ans sont en diminution de 35 % entre 1990 et 1999. La structure de l'emploi a progressé de 20 % environ entre 1999 et 2005 (13 575 salariés au 31 décembre 2005 - DDTEFP, Diagnostic territorial 2006). C'est le secteur des services (74 % dont 10 % pour le secteur de la santé et 19 % pour l’hôtellerie/restauration) qui domine le marché du travail, suivi du commerce (12 %), et du BTP, spécialisé en chantiers de montagne l’été et dont les emplois sont complémentaires aux métiers touristiques en hiver (9,5 %) et de l’industrie (4,2 %). La courbe type de l’emploi salarié sur l’année présente deux maxima : l’un aux mois de juillet et août, et l’autre, secondaire, au mois de février. 80% des réinscriptions à l'ANPE correspondent à la fin d'un CDD. Le taux de chômage du territoire (7 % au 3ème trimestre 2007) s’explique par la grande proportion des contrats saisonniers qui représentent durant l’hiver près de 30 % de l’ensemble des salariés du territoire (2003-2004).
Cette saisonnalité de l’emploi induit toutefois une forme de précarité pour les actifs les moins qualifiés, employés dans les secteurs du commerce et des services sur des contrats souvent précaires. Par conséquent, ces mêmes secteurs connaissent des difficultés de recrutement liées à leur mauvaise image et au faible niveau de rémunération. Cette situation reflète ainsi l’inadéquation entre les compétences requises par l’offre d’emploi locale et le niveau moyen de qualification de la demande.
