

Activités et Entreprises
L'économie du Pays du Grand Briançonnais est assez peu diversifiée ce qui pourrait constituer une fragilité face aux mutations. Toutefois, le processus de reconversion d’un territoire comme celui-ci tend à montrer que son attractivité est un atout pour le développement local. L’économie du Pays est organisée pour répondre aux besoins de la population locale, mais elle est aussi spécialisée pour accueillir la population touristique qui multiplie par 5 voire 10 la population locale sur les communes touristiques.
En 1999, le nombre de chefs d’entreprises représente 19,5 % de la population active. Le nombre d’établissements a fortement augmenté entre 1995 et 2004 (+ 38,6 % contre + 29,3 % pour les Hautes Alpes). De même, en 2004, le taux de création d’entreprises s’élève à 15,3 % alors qu’il est de 9 % pour les Hautes-Alpes (Insee 2005). L'essor de près de 30 % en deux ans porte le nombre d'entreprises à un total de 5 175 entreprises au 31 décembre 2005 sur les 16 305 que compte le département des Hautes-Alpes. Le Pays du Grand Briançonnais concentre donc près de 31,7 % des entreprises du département alors qu’il accueille 26 % de sa population. De plus, 26 dossiers ACCRE étaient acceptés en 2004 pour 119 entre septembre 2006 et août 2007. Cette croissance, comparable à celle du Gapençais, est deux fois plus soutenue que celle des deux autres territoires de Pays départementaux, Serre-Ponçon-Ubaye-Durance et le Sisteronais-Buech (DDTEFP, Diagnostic territorial 2004, 2005, 2006, 2007). Elle traduit ainsi la volonté pour une population d’actifs jeunes, porteuse d’innovation, et dont le niveau de formation est généralement plus élevé qu’en région, de créer ses propres emplois à hauteur de leur qualification.
Des entreprises de petite taille maillent le territoire. (1 399 sur les 1 657 entreprises du privé comptant au moins un salarié, soit 84,4 %, ont moins de 10 salariés). De plus, 3 044 établissements ne comptent aucun salarié, il s'agit d'entreprises créées par des travailleurs indépendants (moniteur de ski, d'eaux vives, agriculteur, ...) dont une part sont pluriactifs et cumulent parfois ce statut avec celui de salarié.
Tout comme l'emploi, mais dans une moindre mesure, dans le secteur privé, c'est le secteur des services (62 %) qui domine, suivi du commerce (15 %), et du BTP (8,5 %).
Le vieillissement des effectifs des chefs d’entreprises est un problème majeur sur le territoire qui risque de fragiliser l’équilibre économique de certaines vallées. Le territoire du Pays est l’un des plus touchés du département avec 33% des ressortissants de la CCI qui devront transmettre leur entreprise (près de 50 % de ces chefs d’entreprises ont en effet plus de 60 ans). Ces difficultés sont identiques dans l’artisanat et dans une moindre mesure dans l’agriculture. A celles-ci s'ajoutent la question de l'accès au haut débit numérique (encore irrégulier malgré le plan d’équipement et de déploiement de l’ADSL de France Télécom dans le cadre de la signature d’une convention « Département Innovant » avec le Département des Hautes-Alpes) et celle de la faible densité de population à l’année. Ces deux facteurs limitent les possibilités de développement des petites entreprises et réduisent leurs possibilités de débouchés locaux pérennes, freinant ainsi leur dynamique de croissance.
Le tourisme
Le tourisme est l’activité principale du Pays (hôtellerie/restauration, transports et remontées mécaniques, commerces et services, …).
L’hiver, l’activité touristique se concentre dans les stations de ski qui, selon leur domaine, répondent à des logiques différentes offrant une gamme complète allant de la station- village jusqu’à la station d’envergure internationale en passant par toute une gamme de taille intermédiaire.
Ces stations sont toutefois confrontées au vieillissement de leurs infrastructures et investissent sans cesse pour rester compétitives malgré un manque de neige de plus en plus important. L’offre de ski alpin est complétée par une offre touristique diversifiée de sports de nature (activités nordiques) mais aussi par une offre pour les non skieurs (thermalisme, culture, …).
L’été, les activités sportives de pleine nature sont variées (sports de montagne, d’eaux vives, produits culturels, gastronomiques…) et emploient de nombreux indépendants. L’offre de logement, même si elle demeure concentrée dans les stations, reste assez diffuse et disparate pour permettre au territoire de bénéficier de ces activités.
L’agriculture
Traditionnellement dominée par l’élevage (120 alpages accueillent 115000 ovins et 5000 bovins), l’agriculture a vu ses acteurs se rassembler au sein de groupements agricoles qui se sont concentrés sur des productions de qualité à fortes valeurs ajoutées. Pour ce faire les agriculteurs ont mis en place des moyens de production communs tels que des ateliers de transformations (fromageries dans le Queyras et le Guillestrois et abattoir à Guillestre associant les producteurs du nord du département gérés par des SICA). De plus, ces derniers se sont regroupés en syndicats ou associations locales (lait, viande) ainsi qu’au sein de coopératives afin de mutualiser leurs outils de production (CUMA). L’ensemble des filières agricoles est rassemblé dans de nombreux Organismes Professionnels Agricoles à l’échelle départementale (une quinzaine d’OPA).
Par ailleurs, aussi bien pour faire face à la mutation qu’a connue l’ensemble de l’agriculture française qu’en raison de la saisonnalité des activités, les agriculteurs s’adonnent à la pluriactivité autour de leur exploitation agricole.
La taille minuscule des parcelles, leur éclatement, la pratique des baux verbaux et surtout les prix du foncier (cf. infra) accroissent la précarité de l’activité agricole soumise à pression. L’agriculture reste pourtant un élément fondamental de la construction de l’identité du territoire et de la préservation des paysages et de la biodiversité, notamment lorsqu’il s’agit d’agro-pastoralisme.
La forêt, publique à 73 %, est une ressource importante du territoire (26 % de sa surface) ; elle est exploitée, non sans difficulté, par 20 entreprises. Les massifs forestiers présentent une faible compétitivité liée à une faible valeur résiduelle des bois, qui, de surcroît, se prêtent mal à un processus industriel. Les recettes provenant du domaine forestier ne couvrent pas les charges d’entretien de ce patrimoine à forte biodiversité. Néanmoins, les bois spécifiques du Pays du Grand Briançonnais (mélèze, pin cembro), du fait de leurs qualités technologiques importantes ainsi que de leurs utilisations artisanales (ébénisterie et charpente), représentent un fort potentiel. Actuellement, plus de 150 entreprises de la 1ère et la 2ème industrie de transformation sont installées sur le territoire ce qui représente la plus forte concentration d’entreprises de ce type en région PACA.
